Les procureurs taïwanais ont placé en détention un salarié de Nvidia dans le cadre d’une enquête sur un trafic présumé de serveurs d’intelligence artificielle à destination de la Chine. Ces équipements auraient utilisé des puces avancées de Nvidia en violation des contrôles à l’exportation imposés par les États-Unis, selon plusieurs médias.

Dans un communiqué publié mardi, le parquet du district de Keelung a identifié le suspect par son nom de famille, Chang. Il a précisé que celui-ci avait été convoqué pour un interrogatoire après la perquisition de son domicile et de son lieu de travail la semaine précédente.

Le communiqué ne mentionne pas le nom de son employeur, mais Bloomberg et Reuters indiquent qu’il travaille pour Nvidia.

À l’issue de l’interrogatoire, les enquêteurs ont estimé qu’il existait de forts soupçons d’activité criminelle. Chang a donc été placé en détention en raison des risques de fuite, de destruction de preuves ou de collusion avec d’éventuels complices.

Le parquet n’accuse ni Nvidia ni aucune autre entreprise d’avoir commis des actes illicites. Le salarié est toutefois soupçonné de plusieurs infractions, notamment de falsification de documents. Forbes a sollicité Nvidia pour obtenir un commentaire.

Dans le cadre de la même enquête, les autorités taïwanaises avaient déjà arrêté plusieurs personnes entre mai et juin, dont des salariés du fabricant de serveurs Super Micro. Le cofondateur de cette entreprise avait été arrêté et inculpé plus tôt dans l’année par le département américain de la Justice dans une procédure connexe.

En mars, le département américain de la Justice a annoncé l’inculpation de trois personnes, parmi lesquelles Yih-Shyan « Wally » Liaw, cofondateur de Super Micro. Elles sont notamment accusées d’avoir enfreint la réglementation américaine sur le contrôle des exportations et d’avoir participé à une conspiration visant à organiser un trafic de marchandises.