Les marchés américains s’apprêtent à vivre une séance dominée par les décisions de la Réserve fédérale, les résultats contrastés des grandes entreprises technologiques et la nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran. Selon la newsletter Morning Squawk de CNBC du 30 juillet, les contrats à terme sur les actions progressent après le repli de la veille, mais la situation reste marquée par des signaux contradictoires concernant le coût du crédit, les investissements dans l’intelligence artificielle et les risques géopolitiques.

La Réserve fédérale a maintenu ses taux d’intérêt inchangés lors de sa réunion de mercredi. CNBC fait toutefois état d’un niveau de dissension jugé significatif, ce qui a immédiatement alimenté les interrogations des investisseurs sur la prochaine réunion, prévue en septembre. Parmi les scénarios envisagés par le marché figure une éventuelle hausse des taux, même si la source ne fait état d’aucune décision déjà arrêtée et ne fournit pas de détails sur les positions défendues par les différents membres de la banque centrale.

La décision de la Fed est importante, car elle accroît l’incertitude entourant la trajectoire de la politique monétaire. Le maintien des taux n’a pas suffi à clore le débat : l’attention se porte désormais sur la capacité de l’institution à dégager une position commune et sur les signaux qui précéderont sa prochaine réunion. La divergence interne décrite par CNBC devient ainsi un facteur de gouvernance monétaire directement surveillé par les investisseurs.

Du côté des entreprises, Meta Platforms constitue le principal point faible. Les actions de la maison mère de Facebook perdent 10 % avant l’ouverture de Wall Street, après la publication de résultats inférieurs aux estimations des analystes et de prévisions de chiffre d’affaires pour le trimestre en cours plus faibles qu’attendu. L’entreprise a également annoncé une forte contraction de son flux de trésorerie disponible, alors qu’elle engage des dépenses considérables dans les infrastructures consacrées à l’intelligence artificielle.

La réaction du marché met en lumière le défi stratégique qui accompagne la course à l’IA : ces investissements peuvent renforcer les capacités technologiques futures, mais ils pèsent à court terme sur la génération de trésorerie et accentuent la pression sur les résultats. Dans le cas de Meta, selon CNBC, la combinaison de performances inférieures aux attentes, de prévisions prudentes et d’une baisse du flux de trésorerie disponible a pris le pas sur les perspectives à long terme liées aux nouvelles infrastructures.

Microsoft a suscité une réaction inverse. Son titre progresse de plus de 9 % après que l’entreprise a dépassé les attentes des analystes en matière de chiffre d’affaires. Le groupe de Redmond a lui aussi annoncé une augmentation de ses dépenses d’investissement, justifiée par la demande. La comparaison avec Meta montre que le marché ne sanctionne pas automatiquement la hausse des investissements : son appréciation dépend également de la capacité de l’entreprise à générer des revenus supérieurs aux prévisions et à fournir des perspectives jugées crédibles.

Le secteur technologique attend encore deux rendez-vous majeurs. Apple et Amazon doivent publier leurs résultats après la clôture du marché. Leurs chiffres fourniront de nouvelles indications sur la solidité de la demande et sur les stratégies d’investissement des plus grandes entreprises américaines, au cours d’une journée où l’écart entre les performances de Meta et de Microsoft a déjà illustré le caractère sélectif de la réaction des investisseurs.

À la politique monétaire et aux résultats trimestriels s’ajoute la crise entre Washington et Téhéran. Selon CNBC, l’Iran a menacé de nouvelles représailles après que les États-Unis ont frappé des dizaines de cibles militaires iraniennes. Le Commandement central américain a présenté les attaques menées mercredi soir comme une riposte à une tentative d’action de l’Iran contre les forces américaines au Moyen-Orient.

Les Gardiens de la révolution iraniens auraient également averti que les pays souhaitant aider Washington s’exposeraient à une riposte sévère. L’organisation a par ailleurs affirmé contrôler entièrement le détroit d’Ormuz, où le trafic des pétroliers serait en grande partie interrompu. Malgré les tensions et l’importance stratégique de ce passage maritime, les prix du pétrole reculent dans la matinée, après une hausse de près de 8 % des contrats à terme sur le Brent la veille.

Des signaux contrastés proviennent également du secteur de la restauration. Chipotle a relevé sa prévision annuelle de ventes comparables après avoir dépassé les attentes des analystes au deuxième trimestre, tant pour le chiffre d’affaires que pour les bénéfices. Le titre a progressé de 6 % après l’annonce. L’entreprise a néanmoins signalé une baisse de ses ventes durant le mois en cours, qu’elle attribue aux inquiétudes suscitées par un foyer de cyclosporose associé à de la laitue fraîche, tout en précisant que sa propre laitue ne serait pas concernée.

Yum Brands, propriétaire de Taco Bell, n’a en revanche pas abordé la question du foyer épidémique dans son rapport de résultats publié jeudi matin, selon CNBC. L’attention se tourne donc vers la conférence téléphonique avec les investisseurs. Les ventes comparables de Taco Bell ont augmenté de 7 % au cours du trimestre, qui s’est achevé avant l’apparition du problème. Les marchés doivent désormais évaluer les orientations de la Fed à l’approche de septembre, la viabilité des dépenses technologiques et les conséquences économiques de l’escalade dans le détroit d’Ormuz.